Page:Audubon - Scènes de la nature, traduction Bazin, 1868, tome 1.djvu/116

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L’INCENDIE DES FORÊTS.


Avec quel plaisir je m’asseyais au feu pétillant de quelque cabane solitaire, lorsque, tombant de fatigue, transpercé de froid par l’ouragan, j’étais parvenu à me frayer un passage à travers la neige mouvante qui couvrait, comme d’un manteau, toute la surface de la terre. Quelle paix, quelle innocente simplicité dans l’humble demeure de mes hôtes, et pour moi quel doux repos ! Je crois les voir encore : la mère, pleine de tendresse, berce en chantant son petit enfant qu’elle endort, tandis qu’un groupe de garçons turbulents assiége le père qui revient de la chasse et leur montre, étalés sur le plancher grossier de la cabane, les échantillons variés de son butin. Une énorme souche que non sans peine on a roulée dans le large foyer, activée par de petites branches de pin, s’enflamme et couvre d’un éclat de lumière l’heureuse famille qui l’entoure ; déjà les chiens du chasseur s’occupent à lécher les paillettes de glace étincelant sur leur robe mouchetée, et le chat, ami du bien-être, se joue en faisant patte de velours par-dessus ses deux oreilles, ou bien, de sa langue épineuse, s’amuse à lustrer sa belle fourrure.

Oui ! quelles délices pour moi, lorsque, accueilli avec bonté et traité d’une façon tout hospitalière par des gens dont les moyens étaient aussi restreints que leur générosité était grande, je pouvais entrer en conversa-