Page:Audubon - Scènes de la nature, traduction Bazin, 1868, tome 1.djvu/152

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milles du lieu où j’avais été témoin de toute sa fureur ; une autre fois, à quatre cents milles plus loin, dans l’État d’Ohio ; récemment enfin, à trois cents milles au delà, j’ai observé les traces de son passage sur les sommets des montagnes qui font suite aux grandes forêts de pins de la Pensylvanie, et sur tous ces différents points, elles ne m’ont pas paru excéder en largeur un quart de mille.




L’OISEAU DE WASHINGTON.


C’était dans le mois de février 1814 qu’il me fut donné de contempler, pour la première fois, ce noble oiseau ; et jamais je n’oublierai le délicieux spectacle que cette vue me procura. Non ! Herschell lui-même, quand il découvrit la planète qui porte son nom, ne dut pas éprouver d’émotions plus ravissantes.

Nous étions en tournée pour affaires du commerce et remontions le haut Mississipi. Les rafales transperçantes de l’hiver sifflaient autour de nous, et la rigueur du froid avait glacé en moi cet intérêt si profond que d’ordinaire, l’aspect de ce fleuve magnifique ne manquait jamais de m’inspirer. Je restais là étendu, sans énergie, auprès de notre patron ; la sûreté de la cargaison était oubliée, et la seule chose qui pût encore