Page:Audubon - Scènes de la nature, traduction Bazin, 1868, tome 1.djvu/168

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LE MARTINET POURPRÉ.


Le martinet pourpré paraît à la Nouvelle-Orléans, du 1er au 9 février, rarement plus tôt. On le voit alors faisant ses évolutions au travers des airs, au-dessus de la ville et de la rivière, où il attrape en passant toutes sortes d’insectes qu’il trouve en abondance à cette époque.

Ces oiseaux élèvent souvent trois couvées pendant qu’ils restent avec nous. Au moment où ils arrivent, j’ai maintes fois eu l’occasion d’en voir des troupes prodigieuses qui volaient dans les environs à une hauteur considérable, en décrivant des cercles et faisant la chasse au insectes qui se rencontraient sur leur route. Ces troupes étaient peu serrées et se dirigeaient soit vers l’est, soit vers le nord-ouest, à raison à peu près de quatre milles à l’heure. C’est un point que j’ai vérifié moi-même ; car le 4 février 1821, sur le bord de la rivière, au-dessus de la ville, j’en suivis une que j’eus sur ma tête pendant plus de deux milles, tout en allant du même train qu’elle et mes yeux constamment fixés en l’air, au grand étonnement des personnes qui passaient auprès de moi, et qui avaient probablement bien