Page:Audubon - Scènes de la nature, traduction Bazin, 1868, tome 1.djvu/206

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LE PIGEON VOYAGEUR.


Le pigeon voyageur ou, connue on l’appelle habituellement en Amérique, le pigeon sauvage, vole avec une extrême rapidité, en donnant de vifs et fréquents coups de ses ailes qu’il porte plus ou moins près du corps, suivant le degré de vitesse qu’il veut acquérir. De même que le pigeon domestique, on le voit souvent, dans la saison des amours, décrire en l’air de larges cercles, les ailes relevées en angle ; et pendant ces évolutions qu’il continue jusqu’à ce qu’il soit prêt à se poser, les tuyaux des rémiges primaires, frottant par le bout les uns contre les autres, produisent un bruit strident qu’on peut entendre à cinquante ou soixante pas. Comme le perroquet de la Caroline et quelques autres oiseaux, il a soin, avant de se poser, de briser la force de son vol par des battements répétés, craignant sans doute de se blesser s’il abordait trop brusquement la branche ou le point du sol sur lesquels il a résolu de descendre.

J’ai commencé la description de cet oiseau par les détails qui précèdent sur son vol, parce que les faits les plus importants de son histoire se rapportent précisément à ses migrations. — Ces migrations sont dues uniquement à la nécessité où il se trouve de se procurer de la nourriture ; et jamais il ne les accomplit en vue de