Page:Audubon - Scènes de la nature, traduction Bazin, 1868, tome 1.djvu/263

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premier maître. Ils obéirent avec empressement ; mes ibis furent accrochés autour du camp, et comme un memento de la nuit que j’y avais passée, je fis une entaille à plusieurs arbres ; après quoi je dis adieu, peut-être pour la dernière fois, à ce champ de cannes, et bientôt nous arrivâmes à la plantation. Le propriétaire, que je connaissais très bien, me reçut avec cette généreuse bonté qui distingue les planteurs de la Louisiane. Une heure ne s’était pas écoulée, que le fugitif et sa famille se voyaient réintégrés chez lui ; peu de temps après, il les racheta de leurs propriétaires, et les traita avec la même bonté qu’auparavant. Ils purent donc encore être heureux, comme le sont généralement les esclaves dans cette contrée, et continuer à nourrir l’un pour l’autre ce tendre attachement, source de leurs infortunes, mais aussi en définitive de leur bonheur. J’ai su que, depuis, la loi avait défendu de séparer ainsi les esclaves d’une même famille sans leur consentement.




L’HIRONDELLE DE CHEMINÉE,

OU MARTINET D’AMÉRIQUE.


Du moment que l’hirondelle a trouvé dans nos maisons tant de commodités pour y établir son nid, on la vue abandonner avec une sagacité vraiment remar-