Page:Auguste Rodin - Les cathedrales de France, 1914.djvu/13

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D’autre part, et tandis que des cathédrales très célèbres sont ainsi négligées, nous sommes arrêtés parfois en des églises d’importance secondaire, comme Étampes ou Beaugency. Il n’y a là ni hasard ni caprice. Rodin le dit expressément, et tous les travailleurs savent combien cette observation est juste : « On apprend souvent bien plus dans les petites choses que dans les grandes. » Il arrive que, dans celles-ci, on soit comme ébloui par trop de splendeur. Des proportions plus modestes ramènent à la mesure de notre intelligence l’objet que nous admirons.

Enfin, les dessins et croquis originaux qui décorent ce livre[1] correspondent rarement à un endroit précis du texte. Mais il y a des rapports étroits et profonds entre ces indications plastiques et la pensée de l’auteur. Ce n’est pas Chartres, ou Reims, ou Amiens, ou Melun, qu’il a voulu mettre sous nos yeux : ces dessins sont des « Notes » aussi, par lesquelles nous sommes constamment rappelés à la qualité de l’atmosphère qu’on respire dans les églises gothiques ou romanes, au caractère de leur architecture, à tel détail de leur construction ou de leur décoration. Et si la Renaissance apparaît souvent en ce volume des Cathédrales, ce n’est pas sans dessein. L’auteur ne se propose pas seulement de nous convertir à l’admiration de l’art gothique en lui-même et du passé ; il songe à l’avenir. Il voudrait nous aider à découvrir dans les chefs-d œuvre anciens le principe fécond de chefs-d’œuvre nouveaux. C’est pourquoi il insiste sur le passage d’un style à un autre style, et il s’applique à nous montrer comment l’art de la Renaissance française, loin de violer les lois de l’art gothique, se les est appropriées pour les continuer : grand exemple proposé aux méditations des artistes.

LES ÉDITEURS.


  1. Les dessins et croquis ont été reproduits en fac-similé par le graveur A. Clot.