Page:Augustin Crampon - Traduction de la Bible - Desclée 1923.djvu/358

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dit : « Viens-tu dans une intention pacifique ? » Il répondit : « Oui ! dans une intention pacifique ; » 14 et il ajouta : « J’ai un mot à te dire. » Elle dit : « Parle. » 15 Et il dit : « Tu sais que le royaume m’appartenait, et que tout Israël portait ses regards sur moi pour que je règne. Mais la royauté a été transférée, et elle a été donnée à mon frère, parce que Yahweh la lui avait destinée. 16 Maintenant, je te demande une seule chose ; ne me rejette pas. » Elle lui répondit : « Parle. » 17 Et il dit : « Dis, je te prie, au roi Salomon — car il ne te rejettera pas — de me donner pour femme Abisag, la Sunamite. » 18 Bethsabée dit : « Bien ! Je parlerai au roi à ton sujet. »

19 Bethsabée se rendit auprès du roi Salomon pour lui parler au sujet d’Adonias. Et le roi se leva pour aller à sa rencontre et il se prosterna devant elle ; il s’assit sur son trône, et fit placer un trône pour la mère du roi, et elle s’assit à sa droite. 20 Puis elle dit : « J’ai une petite demande à te faire : ne me rejette pas. » Le roi lui dit : « Demande, ma mère, car je ne te rejetterai pas. » 21 Elle dit : « Qu’Abisag, la Sunamite, soit donnée pour femme à Adonias, ton frère. » 22 Le roi Salomon répondit et dit à sa mère : « Pourquoi demandes-tu Abisag, la Sunamite, pour Adonias ? Demande donc la royauté pour lui, — car il est mon frère aîné, — pour lui, pour le prêtre Abiathar, et pour Joab, fils de Sarvia ! »

23 Le roi Salomon jura par Yahweh, en disant : « Que Dieu me traite dans toute sa rigueur si ce n’est pas pour sa perte qu’Adonias a prononcé cette parole ! 24 Et maintenant, Yahweh est vivant ! — lui qui m’a affermi et m’a fait asseoir sur le trône de David, mon père, et qui m’a édifié une maison selon qu’il l’avait dit, — aujourd’hui même, Adonias sera mis à mort ! » 25 Et le roi Salomon députa Banaïas, fils de Joïadas ; il frappa Adonias, qui mourut.

26 Le roi dit au prêtre Abiathar : « Va-t’en à Anathoth dans tes terres, car tu mérites la mort[1] ; mais je ne te ferai pas mourir aujourd’hui, parce que tu as porté l’arche du Seigneur Yahweh devant David, mon père, et parce que tu as eu ta part dans tout ce qu’a souffert mon père. » 27 Et Salomon chassa Abiathar pour qu’il ne fût plus prêtre de Yahweh, accomplissant ainsi la parole que Yahweh avait prononcée sur la maison d’Héli à Silo.

28 La nouvelle en parvint à Joab, car Joab avait suivi le parti d’Adonias, quoiqu’il n’eût pas suivi le parti d’Absalom[2]. Et Joab s’enfuit au tabernacle de Yahweh, et il saisit les cornes de l’autel. 29 On annonça au roi Salomon que Joab s’était réfugié au tabernacle de Yahweh et qu’il était auprès de l’autel ; et Salomon envoya Banaïas, fils de Joïadas, en lui disant : « Va, frappe-le[3]. » 30 Arrivé au tabernacle de Yahweh, Banaïas dit à Joab : « Ainsi parle le roi : Sors. » Mais il répondit : « Non ! je mourrai ici. » Banaïas rapporta cette réponse au roi, en disant : « C’est ainsi qu’a parlé Joab, c’est ainsi qu’il m’a répondu. » 31 Et le roi dit à Banaïas : « Fais comme il a dit, frappe-le et enterre-le ; tu ôteras ainsi de dessus moi et de dessus la maison de mon père le sang que Joab a répandu sans raison. 32 Yahweh fera retomber son sang sur sa tête, lui qui a frappé deux hommes plus justes et meilleurs que lui, et qui les a tués par l’épée, sans que mon père David le sût : Abner, fils de Ner, chef de l’armée d’Israël, et Amasa, fils de Jéther, chef de l’armée de Juda. 33 Leur sang retombera sur la tête de Joab et sur la tête de ses descendants à jamais ; mais il y aura paix pour toujours, de la part de Yahweh, pour David et sa postérité, pour sa maison et son trône. » 34 Banaïas, fils de Joïadas, monta et, ayant frappé Joab, il lui donna la mort, et il fut enterré dans sa maison, au désert. 35 Et le roi mit à sa place, comme chef de l’armée, Banaïas, fils de Joïadas ; et le roi mit le prêtre Sadoc à la place d’Abiathar[4].

36 Le roi envoya appeler Séméï et lui dit : « Bâtis-toi une maison à Jérusalem ; tu y demeureras et tu n’en sortiras point pour aller de côté et d’autre. 37 Le jour où tu sortiras et passeras le torrent de Cédron, sache bien que certainement tu mourras ; ton sang sera sur ta tête. » 38 Séméï répondit au roi : « Cette parole est bonne ;

  1. Tu mérites la mort, m. à m. tu es un homme de mort.
  2. Absalom ; Vulg. Salomon, à tort ; d’anciens manuscrits lisent Absalom, comme dans l’hébr. et les LXX.
  3. Frappe-le : d’après la loi, le tabernacle ne pouvait protéger Joab, coupable de deux meurtres intentionnels (Exod. xxi, 13 sv.).
  4. Dans les LXX, le vers. 35 se présente sous cette forme : Et le roi mit à sa place, comme chef de l’armée, Banaïas, fils de Joïadas, et la royauté fut affermie à Jérusalem ; et le roi établit le prêtre Sadoc comme premier prêtre à la place d’Abiathar. Suit une longue péricope, véritable mosaïque formée de textes se rapportant à l’histoire de Salomon, parfois avec des leçons particulières : iv, 28, 25 ; iii, 1 ; v, 15 ; abrégé de vii, 23. 25, 30 ; xi, 27 ( ?) ; ix, 24, 25 ; v, 16 ; abrégé de ix, 15-19 ; ii, 8, 9.