Page:Austen - Emma.djvu/219

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combe

pour demander de rester quelques jours de plus et il escomptait une réponse favorable.

Mlle Bates, en arrivant, ne put qu’apporter ses félicitations : elles furent du reste beaucoup mieux accueillies que ne l’eussent probablement été ses conseils. Pendant une demi-heure encore, ils allèrent et vinrent à travers les pièces et diverses améliorations de détail furent suggérées. Au moment de l’adieu, Frank Churchill renouvela son invitation à Emma pour les premières danses ; peu après celle-ci entendit M. Weston murmurer à l’oreille de sa femme : « Naturellement, ma chére, il l’a invitée ! »


XXX


Au bout de quelques jours arriva une lettre d’Enscombe accordant l’autorisation demandée ; les termes de la réponse indiquaient que les Churchill n’étaient pas satisfaits de cette prolongation de séjour, mais ils ne s’y opposèrent pas.

Tout paraissait donc marcher à souhait. La bonne humeur était générale. Jane Fairfax elle-même se montrait enthousiaste, elle en devenait animée, franche et dit spontanément : « Oh ! mademoiselle Woodhouse j’espère qu’il n’arrivera rien pour empêcher cette réunion ; je m’en fais, je l’avoue, un véritable plaisir. »

Seul M. Knightley continuait à ne laisser paraître aucun intérêt. En réponse aux communications d’Emma, il se contentait de répondre :

— Très bien. S’il plaît aux Weston de se donner tant de peine pour quelques heures d’un amusement bruyant, c’est leur affaire ; mais il ne dépend pas d’eux que j’y prenne plaisir. Naturellement, je ne peux pas refuser ; je ferai de mon mieux pour rester éveillé ; toutefois, j’aurais préféré de beaucoup rester à la maison pour examiner les comptes de William Larkins. Je ne danse pas et je ne trouve aucun