Page:Banville - La Lanterne magique, 1883.djvu/201

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frémissants, ravis, emplissant le jour diamanté des innombrables Infinis ; et sous l’éclair blanchissant des myriades d’astres, des Âmes, comme un vol fourmillant de papillons bleus, montent, charmées par le rhythme de l’ode triomphale, jusqu’à la blancheur embrasée où frissonne et commence déjà le vague reflet de Ce qui ne peut être exprimé avec des paroles humaines.




Mesdames et messieurs, c’est pour avoir l’honneur de vous remercier. Si vous êtes contents, faites-en part à vos amis et connaissances. Je vais maintenant vous saluer et disparaître en tant que montreur de Lanterne magique ; mais je ne tarderai pas à rentrer par une autre porte, sous la figure d’un joaillier, fabricant et marchand de Camées. Car dans ce temps difficile où si rarement les alouettes tombent du ciel toutes rôties, il faut, pour vivre de sa seule intelligence, cumuler beaucoup d’industries et de petits métiers. Moi qui vous parle, en cet âge de vieil homme où je suis maintenant venu, j’ai durement travaillé, peiné et courbé l’échine : et quand me reposerai-je !

Non, à ce que je pense, sur cette planète besogneuse ; mais après mon dernier trépas, Celui qui daigne avoir pitié des oiselets virtuoses et des plus petits insectes éphémères, saura bien, s’il veut, me donner un bon