Page:Banville - Socrate et sa Femme, 1886.djvu/18
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- À l’œuvre donc, vous tous, pinceau, lyre, ciseau,
- Et toi qui fais le fil pourpré, savant fuseau !
- Semons le blé, faisons grandir la fleur et l’arbre,
- Chantons les demi-dieux géants, taillons le marbre,
- Et gardons la pensée austère de nos morts,
- Car, étant les plus grands, nous serons les plus forts,
- Et nous ferons ainsi des conquêtes certaines.
- Tous.
- Il a raison. Vive Socrate !
- Socrate.
- Vive Athènes !
- Levant sa coupe pleine,
- Et maintenant, buvons. Invoquons sans terreur
- La clarté du bon sens qui dissipe l’erreur ;
- Comme Athènè, l’éclair, fond la nue et dissipe
- L’obscurité !
- Praxias, levant sa coupe.
- Buvons !
- Mélitta, de même.
- À Socrate !
Au moment où tous les auditeurs du maître se joignent à Mélitta et l’acclament avec admiration, entre Xantippe, menaçante et furieuse.