Page:Barzaz Breiz 4e edition 1846 vol 2.djvu/191

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Alors le cher homme dit : — Donnez à cette femme un peu de lait ; un peu de lait et une crêpe, que vous lui mettrez sur les genoux.

— C’est Iannik Skolan qui a été pris, et pendu ; bien pendu sur la place à Vannes ; il avait commis assez de crimes.

— Je ne sais rien du tout, ma commère ; je ne puis sortir d’ici, je ne puis aller nulle part, car j’ai mes enfants à soigner.

— Il avait commis assez de crimes depuis qu’il était au monde; il avait commis assez de crimes, avant de tuer Morised. —


II.


En gardant les bêtes de son père, elle ne pensait qu’à bien ; elle n’avait pleuré qu’une fois, en voyant son mouton emporte par le loup.

Rien qu’une seule fois elle avait pleuré ; voici qu’elle a pleuré deux fois maintenant ; elle avait pleuré et fait une chanson que l’on chante dans le canton :

— Hélas ! hélas ! mon pauvre mouton aux petites cornes blanches ! hélas ! hélas ! mon pauvre mouton à petite tète blanche ! hélas ! hélas ! hélas ! mon pauvre petit mouton, qui était une si bonne petite bête ! —