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LETTRES — i865 Sqo

Présentez à votre mari mes souhaits de bonne année.

A MADAME AUPICK

3 Janvier.

Ma chère mère,

Je n'ai pas besoin de la solennité de ce jour, si triste entre tous les jours de Tannée, pour penser à toi, et pour penser à mes devoirs et à toutes les responsabilités que j'ai accumulées sur moi depuis tant d'années. Mon principal devoir, mon unique même, serait de te rendre heureuse. J'y pense sans cesse. Cela me sera-t-il jamais permis? Je pense quelquefois, avec un frisson, que Dieu peut me reti- rer brusquement cette possibilité. Je te promets d'abord que cette année... Je rougis quand je pense à toutes les privations que j'ai dû t'imposer. Je te promets aussi qu'aucune journée de l'année ne s'écoulera sans travail. Infailliblement, la récom- compense doit être au bout. J'ai l'esprit rempH d'idées funèbres. Comme il est difficile^e faire son devoir tous les Jours, sans interruption aucune! Comme il est difficile, non pas dépenser un livre, mais de l'écrire sans lassitude; enfin, d'avoir du courage, tons les Jours! J'ai calculé que tout ce que j'ai depuis longtemps dans la tête ne m'aurait coûté que quinze mois de travail, si j'avais tra- vaillé assidûment. Combien de fois me suis-je dit, malgré mes nerfs, malgré les mauvais temps, mal-

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