Page:Beaumarchais - Œuvres choisies, édition 1913, tome 2.djvu/241

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Assurément, Monsieur, cette fille vous trouble et vous occupe beaucoup
plus que moi.

LE COMTE en colère.

Elle m’occupe à tel point, Madame, que je veux la voir à l’instant.

LA COMTESSE.

Je crois en effet que vous le voulez souvent ; mais voilà bien les
soupçons les moins fondés…


Scène xx

XIII.


LE COMTE, LA COMTESSE, SUZANNE entre avec des hardes et pousse la porte
du fond.
LE COMTE.

Ils en seront plus aisés à détruire. (il parle au cabinet.)--Sortez
Suzon ; je vous l’ordonne.

(Suzanne s’arrête auprès de l’alcôve dans le fond.)

LA COMTESSE.

Elle est presque nue, Monsieur : vient-on troubler ainsi des femmes dans
leur retraite ? Elle essayait des hardes que je lui donne en la mariant ;
elle s’est enfuie, quand elle vous a entendu.

LE COMTE.

Si elle craint tant de se montrer, au moins elle peut parler. (il se
tourne vers la porte du cabinet.) Répondez-moi, Suzanne ; êtes-vous dans
ce cabinet ?

(Suzanne, restée au fond, se jette dans l’alcôve et s’y cache.)

LA COMTESSE vivement, parlant au cabinet.

Suzon, je vous défends de répondre. (au Comte) On n’a jamais poussé si
loin la tyrannie !

LE