Page:Beaumarchais - Œuvres choisies, édition 1913, tome 2.djvu/304

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée




ACTE xx

IV.

Le théâtre représente une galerie ornée de candélabres, de lustres
allumés, de fleurs, de guirlandes ; en un mot, préparée pour donner une
fête. Sur le devant à droite est une table avec une écritoire, un
fauteuil derrière.


Scène xx

PREMIÈRE.


FIGARO, SUZANNE.
FIGARO, la tenant à bras le corps.

Hé bien ! amour, es-tu contente ? elle a converti son Docteur, cette fine
langue dorée de ma mère ! malgré sa répugnance il l’épouse, et ton bourru
d’oncle est bridé ; il n’y a que Monseigneur qui rage ; car enfin notre
hymen va devenir le prix du leur. Ris donc un peu de ce bon résultat.

SUZANNE.

As-tu rien vu de plus étrange ?

FIGARO.

Ou plutôt d’aussi gai. Nous ne voulions qu’une dot arrachée à
l’Excellence ; en voilà deux dans nos mains qui ne sortent pas des
siennes. Une rivale acharnée te poursuivait ; j’étais tourmenté par une
furie ; tout cela s’est changé, pour nous, dans la plus bonne des
mères. Hier j’étais comme seul au monde, et voilà que j’ai tous mes
parens, pas si magnifiques, il est vrai, que je me les étais galonné