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N°2.
PIÈCES DIPLOMATIQUES.
Sur l’intervention des Puissances dans les affaires de la Romagne.
LETTRE DE LORD SEYMOUR
Adressée à chacun des ambassadeurs composant la Conférence politique à Rome.
Rome, 7 septembre,

« Le soussigné a l’honneur d’informer votre excellence qu’il a reçu l’ordre de sa cour de quitter Rome et de retourner à son poste à Florence. Le soussigné a l’ordre aussi d’expliquer brièvement à votre excellence les motifs qui ont amené le gouvernement anglais à l’envoyer à Rome ainsi que ceux pour lesquels il va maintenant quitter cette ville.

Le gouvernement anglais n’a pas d’intérêt direct dans les affaires des États-Romains, et n’a jamais songé à y intervenir. Il fut, dans le principe, invité par les cabinets de France et d’Autriche, à prendre part aux négociations de Rome, et il céda aux instances de ces deux cabinets, dans l’espoir que ses bons offices unis aux leurs pourraient contribuer à produire la solution amiable des discussions entre le pape et ses sujets, et écarter ainsi des dangers de guerre en Europe.

Les ambassadeurs de Prusse et de Russie à Rome, ayant subséquemment pris part aux négociations, les ambassadeurs des cinq puissances n’ont pas été long-temps sans découvrir les principaux vices de l’administration romaine, et sans indiquer les remèdes à y apporter ; en mai 1831, ils présentèrent au gouvernement papal un mémoire contenant des instructions d’améliorations, qu’ils déclarèrent unanimement indispensables pour la tranquillité permanente des États-Romains, et que le gouvernement anglais trouva fondé en justice et en raison.

Plus de quatorze mois se sont écoulés depuis la production de ce mémoire, et pas une des recommandations qu’il renferme n’a été adoptée ni exécutée par le gouvernement papal ; les édits mêmes, préparés ou publiés, et qui déclarent que quelqu’une de ces recommandations va recevoir son effet, diffèrent essentiellement des mesures consignées dans le mémoire. La conséquence de cet état de choses a été telle qu’on pouvait l’attendre. Le gouvernement papal n’ayant rien fait de ce qu’il fallait faire pour calmer le mécontentement, il n’a fait que s’accroître, grossi par la déception des espérances qu’avaient fait naître les négociations entamées à Rome.

Ainsi, les efforts faits depuis plus d’un un par les cinq puissances, pour rétablir la tranquillité dans les États-Romains ont été vains ; l’espoir de voir la population volontairement soumise au pouvoir du souverain n’est pas plus assuré qu’il ne l’était au commencement des négocia-