Page:Bloy - La Résurrection de Villiers de l’Isle-Adam, Blaizot, 1906.djvu/15

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Les chrétiens ne croient pas à la mort. « Vita mutatur, non tollitur, dit la Liturgie : La vie est changée, elle n’est pas ôtée. »

Si quelqu’un a voulu cela, c’est le pauvre Villiers de l’Isle-Adam. La mort sans retour, puante et inconcevable, telle que l’ambitionnent les « tueurs de cygnes », n’était pas dans ses moyens.

Voici donc ce qui lui arrive tout à coup, dix-sept ans après qu’il s’est endormi. La Gloire vient, la gloire toute nue, sans ailes ni auréole, la gloire des misérables. Elle le tire de son sépulcre et dressant le cercueil, elle en arrache les planches d’une irrésistible main… Le pauvre grand poète qui n’est pas mort, puisque nul ne peut mourir, entr’ouvre les yeux comme un criminel mal