Page:Bloy - La Résurrection de Villiers de l’Isle-Adam, Blaizot, 1906.djvu/23

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tait au monde quelque chose de nouveau, de tout à fait inouï que le monde allait sans doute adorer, puisque c’était le reflet, l’intaille fidèle des primitives Idoles.

Qu’importait qu’on fût très-pauvre ? N’était-ce pas une grandeur de plus ? On avait, d’ailleurs, une besace pleine de fruits qui ressemblaient à des étoiles, ramassés à deux mains dans la forêt lumineuse, et on ne doutait pas de l’espèce humaine.

Mais on s’aperçut, un jour, que le peuple, dégoûté du pain, réclamait à grands cris des pommes de terre ; qu’il voulait qu’on lui frottât la plante des pieds avec le gras des petits boyaux des Princes de la Lumière — et ce fut le commencement de l’agonie qui dura trente ans.



Un monument à Villiers de l’Isle-Adam ! à l’auteur d’Isis, de Tribulat Bonhomet, des Contes cruels, de l’Ève future, d’Axel, de tout ce qui fut écrit de plus amer,