Page:Botrel - Contes du lit-clos, 1912.djvu/45

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Ses Morts bien-aimés le hantaient la nuit
Et lui racontaient de troublantes choses :
Que la Mer est douce et qu’elle conduit
Vers des Pays bleus et des Îles roses…

Et le pauvre enfant grelottant la mort
Se levait sans bruit, tâtonnant dans l’ombre,
Courait détacher un canot du port,
Et ramait longtemps sur la vague sombre !

C’est ainsi qu’un soir Tanguy s’en alla,
Guidé par les Siens, au pays du Rêve ;
Il ventait très fort, son bateau coula :
Le flot rapporta son corps sur la grève !…


Voilà du pâtour le simple roman :
— Qui de nous n’a pas sa folle Chimère ? —
Il est mort d’avoir trahi son Serment :
Prions pour le gâs… veillons sur sa mère !…




Ces deux poésies sont éditées chez Bricon, Paris.