Page:Botrel - Contes du lit-clos, 1912.djvu/80

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Tous ! malgré prière ou blasphème :
Abel premier, Caïn deuxième,
Tous ceux de l’Ancien Testament !
Ceux du Nouveau : Sainte Anne même,
Monsieur Saint Jean pareillement ;

Car je n’épargne pas un Homme :
Pas plus le Saint Père, dans Rome,
Que ses grands Cardinaux mîtrés :
Je prendrai les Évêques comme
Les Cloarecs et les Curés !

J’ai pris les Rois avec les Reines,
Les grands Seigneurs dans leurs Domaines,
Les Sabotiers au fond des bois,
Les Soldats et les Capitaines,
Les Artisans et les Bourgeois…

Ami, tu vas grossir leur nombre !…
Dans le Soir de plus en plus sombre
Entends-tu grincer un essieu ?
C’est Moi qui m’avance avec l’Ombre,
N’attendant que l’ordre de Dieu !

Ce que tu prends, dans ta démence,
Pour un Rayon de Sa clémence
C’est la grande Faulx de l’
Ankou
Qui peut, d’une envolée immense,
Faucher tous les Hommes…
d’un coup !!!




Il existe, pour l’Ankou, une musique de scène de Ch. de Sivry. — G. Ondet, éditeur