Page:Bouchaud - Considérations sur quelques écoles poétiques contemporaines, 1903.djvu/33

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seulement la simple facilité d’en user avec tact, le cas échéant, ce qui est fort différent.

Les vers suivants, d’ailleurs, ne sont-ils pas bien agréables en dépit de l’hiatus qu’on y rencontre :

Rien n’est charmant le soir, rien n’est doux à entendre
Comme le chant d’un pâtre au milieu des troupeaux ?

Il n’en serait pas de même dans cette phrase : il aime à attendre. De là, je le répète, la nécessité, quand on emploie l’hiatus, de s’en servir avec circonspection et de veiller avec soin à l’union euphonique des voyelles afin d’éviter un heurt de sons désagréables à l’ouïe. Pourquoi ne pas revenir à une pratique dont usèrent, sans en abuser, nos grands poètes de la Renaissance ?


IV

Je citerai en guise de conclusion cette page du cher et regretté Émile Trolliet : « Sans rapprocher la poésie de la prose, rapprochons-la de la musique. Qu’on rime pour l’oreille et non pour les yeux ; qu’on ait le