Page:Boussenard - La Terreur en Macédoine, Tallandier, 1912.djvu/102

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Chapitre VII


Après le massacre. — Le papier. — Fureur. — Menaces. — Dignité. — La bravoure en impose. — La mort du soldat. — L’Albanais, ses qualités et ses défauts. — Seront fusillés. — Le peloton d’exécution. — Superbe attitude. — Veut commander le feu. — L’instant suprême. — Nikéa.


Un immense cri de joie avait accompagné l’anéantissement des Turcs. Une de ces clameurs que poussent des cannibales à la curée, un pêle-mêle furieux de gens ivres de massacre. L’ennemi était réduit en une bouillie sanglante, mais ce n’était point assez pour ces hommes de proie, pour qui le carnage est comme un besoin de nature. Ils n’avaient point goûté l’abominable volupté de sentir les chairs palpiter sous leur étreinte, le sang gicler sous leurs coups, les. corps s’en aller en lambeaux sous leurs griffes de fauves.

La tuerie à distance ne leur suffisait pas. Il leur fallait le meurtre accompagné des supplices raffinés.

Les dernières paroles de Marko leur promettaient tout cela. Et les trois prisonniers allaient bientôt leur fournir cet épilogue inattendu. Aussi, que l’on