Page:Buckland - La Géologie et la Minéralogie dans leurs rapports avec la théologie naturelle, 1838, tome 1.djvu/405

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PENTANCRINITES.

larges sécrétions solides, telles que celles de l’apiocrinite, par où cette espèce pût se fixer au fend d’une manière permanente, et ce fait qu’on la rencontre fréquemment en contact avec des masses de bois flotté converti en jais (pl. 52, fig. 3), nous conduit à penser qu’elle devait être douée de locomotion, et qu’elle pouvait s’attacher d’une manière temporaires des corps flottans étrangers ou aux rochers du fond de la mer, soit à l’aide de ses bras latéraux, soit en se servant d’une petite racine articulée mobile[1].

  1. elles les vertèbres les plus développées. Le même auteur a remarqué, à la surface interne de chaque vertèbre, des traces produites par l’action de fibres musculaires contractiles.

  2. L’échantillon figuré (pl. 52, fig. 5) provient du lias de Lyme-Regis ; il est fixé sur le côté d’une pièce d’un jais imparfait, qui faisait partie d’une couche mince de lignite contenue dans la marne Massique, entre Lyme-Regis et Charmouth.

    Dans presque toute l’étendue de cette couche, mademoiselle Anning a observé, d’une manière à peu près constante, les faits curieux que voici : la surface inférieure seule est recouverte d’une couche entièrement composée de pentacrinites, et d’une épaisseur qui varie de un à trois pouces. On trouve ces zoophytes dans une position à peu près horizontale, avec le pied dirigé vers la partie supérieure, et par conséquent vers la lignite elle-même. La plupart de ces pentacrinites sont si parfaitement conservées, qu’elles ont dû évidemment être ensevelies dans l’argile qui maintenant les enveloppe, avant que leur décomposition eût commencé. Il n’est pas rare de trouver de grandes tables longues de plusieurs pieds, à la surface inférieure desquelles seulement se voient des bras et des doigts de ces animaux fossiles, épanouis comme les plantes d’un herbier, tandis que la surface supérieure ne présente qu’un amas de tiges en contact avec la face inférieure de la lignite. Le plus grand nombre de ces tiges sont ordinairement parallèles entre elles, comme si elles avaient été entraînées dans une direction commune par le courant où elles ont flotté en dernier lieu.

    Ce fait de débris rassemblés immédiatement en dessous de la lignite, et jamais à sa surface supérieure» semble montrer que ces créatures se réunissaient par groupes nombreux, et se fixaient, comme nos anatifes modernes, à des masses de bois flottantes qui ont été ensevelies soudainement, ainsi que les animaux qu’elles portaient, dans la vase dent l’accumulation a produit la marne où se trouve enveloppé cet amas curieux de