Page:Chénier - Poésies choisies, ed. Derocquigny, 1907.djvu/86

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Muse, implore pour lui la Santé secourable,
Cette reine des dieux sans qui rien n’est aimable,
Qui partout fait briller le sourire, les jeux,
Les grâces, le printemps. Qu’indulgente à tes vœux,
Le dictame à la main, près de lui descendue,
Elle vienne avec toi présenter à sa vue
Cette jeunesse en fleur, et ce teint pur et frais,
Et le baume et la vie épars dans tous ses traits.
Dis-lui : « Belle Santé, déesse des déesses,
Toi sans qui rien ne plaît, ni grandeurs, ni richesses,
Ni chansons, ni festins, ni caresses d’amours,
Viens, d’un mortel aimé viens embellir les jours.
Touche-le de ta main qui répand l’ambroisie.
Ainsi tu nous verras, troupe agreste et choisie,
Les hymnes à la bouche, entourer tes autels,
Santé, reine des dieux, nourrice des mortels. »

(Imité de l’Hymne d’Ariphron.)