Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/13

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1 OEUVRES

propriétaire, et devant laquelle se passent des scènes où il est acteur et spectateur. C’est là pro- prement l’homme ; là se borne son empire : tout le reste lui est étran<<er.»

— «Aujourd’hui, i5 mars 1789,, j’ai fait, disait M. de..., une bonne œuvre d’une espèce assez rare. J’ai consolé un honnue honnête, plein de vertus, riche de cent mille livres de rente, d’un très - grand nom, de beaucoup d’esprit, d’une très-bonne santé, etc; et moi, je suis pauvre, obscur et malade.»

— On sait le discours fanatique que l’évéque de Dol a tenu au roi, au sujet du rappel des pro- testans. Il parla au nom du clergé. L’évéque de Saint-Pol lui ayant demandé pourquoi il avait parlé au nom de ses confrères, sans les consulter : «J’ai consulté, dit-il, mon crucifix. — En ce cas, ré- pliqua l’évéque de saint-Pol, il fallait répéter exac- tement ce que votre crucifix vous avait répondu.»

— C’est un fait avéré c[ue Madame, fille du roi, jouant avec une de ses bonnes, regarda à sa main, et, après avoir compté ses doigts : « Comment ! dit l’enfant avec surprise, vous avez cinq doigts aussi, comme moi ? » Et elle recompta pour s’en assurer.

— Le maréchal de Richelieu, ayant proposé pour maîtresse à Louis xv une grande dame, j’ai oublié laquelle ; le roi n’en voulut pas, disant qu’elle coûterait trop cher à renvoyer.

— M. de Tressan avait fait, en 1738, des cou-