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TROISIÈME PARTIE





POÉSIE


Parnassiens, Symbolistes, Verlibristes. — Poètes de la Nature. — Chansonniers. — Poètes de Terroir. — Décentralisalion poétique. — Paris et la Province. — L"s Poétesses.

Un classement des poètes depuis 1900 est devenu malaisé, car les frontières se sont aplanies entre les écoles, ou plutôt il n’y a pour ainsi dire plus de groupes présentant des caractères particuliers. Les symbolistes assagis sont revenus vers la tradition, et ce ne sont ni l’école romane ni le naturisme, qui suffisent à délimiter des provinces nettement cernées par une limite haute. Chacun suit plutôt son inspiration qu’un mot de passe. Cependant, pour mettre un certain ordre dans la luxuriante nomenclature des poètes d’aujourd’hui, nous ferons des divisions dont on sent l’artifice, et nous opposerons encore, malgré l’archaïsme, les parnassiens aux symbolistes, en mettant à part les poètes de terroir, et les chansonniers. Par parnassiens ou néo-parnassiens, nous entendons simplement les écrivains qui conservent la forme classique ou romantique des vers, tandis que les autres procèdent des partisans du vers libre. C’est à peu près toute la différence qui les sépare.

A vrai dire, après Leconte de Lisle et Sully-Prudhomme, la poésie en deuil peut compter ses gloires : elle n’a plus de très grands noms, ni de ces œuvres définitives dont la structure et l’aspect offrent l’impression du marbre qui dure, et le caractère de l’éternité.