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THÉÂTRE


Le palais de la Corporation Cantonaise a le recoin de son dieu d’or, sa salle intérieure, où de grands sièges placés avec solennité au milieu invitent, moins au repos, vacants, qu’ils ne l’indiquent, et, comme les clubs européens disposent d’une bibliothèque, on a, de l’autre côté de la cour qui précède tout l’édifice, établi avec parade et pompe le théâtre. C’est, en retrait entre deux bâtiments, une terrasse de pierre : bloc haut et droit, et constituée de la seule différence de son niveau, la scène entre les coulisses et la foule dont elle surpasse la tête établit sa marche vaste et plate. Une toiture carrée l’obombre et la consacre comme un dais ; un second portique qui la précède et l’encadre de ses quatre piliers de granit lui confère la solennité et la distance. La comédie y évolue, la légende s’y raconte elle-même, la vision de la chose qui fut s’y révèle dans un roulement de tonnerre.