Page:Collins - La Femme en blanc.djvu/151

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Un regard de miss Halcombe me montra qu’elle comprenait ; et la question fut en effet posée, aussitôt que la petite laitière revint près de nous.

— Oh ! oui, miss, j’en ai parlé, dit cette fille le plus naturellement du monde. La société qui arrive, et l’accident survenu à la vache tavelée, voilà toutes les nouvelles que j’avais emportées à la ferme.

— Avez-vous nommé quelqu’un ? disiez-vous que sir Percival Glyde était attendu lundi ?

— Oui, miss ; je leur ai conté que sir Percival Glyde allait arriver. Il n’y a pas de mal à cela, j’espère… J’espère bien n’avoir pas été fautive.

— Du tout… pas le moindre mal. Allons, monsieur Hartright, Hannah va commencer à nous trouver de trop, si nous la dérangeons plus longtemps de son travail…

Notre premier mouvement, en nous retrouvant seuls, fut de nous arrêter et d’échanger un regard.

— Eh bien ! miss Halcombe, vous reste-t-il, « à présent, quelque doute ?

— Sir Percival Glyde le dissipera, ce doute, monsieur Hartright ; — sans cela, Laura Fairlie ne sera jamais sa femme.




XV


Comme nous tournions le coin du château, un cabriolet du chemin de fer remontait l’avenue. Miss Halcombe attendit, sur les marches du perron, l’arrivée du léger équipage ; alors elle s’avança pour serrer la main d’un vieux gentleman, qui sauta lestement à terre dès que le marchepied eut été abaissé. Tout ceci annonçait l’arrivée de M. Gilmore.

Je l’examinai, quand nous fûmes présentés l’un à l’autre, avec un intérêt et une curiosité que je pouvais à peine dissimuler. Ce vieillard allait, moi parti, demeurer