Page:Collins - La Femme en blanc.djvu/379

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VII


« 19 juin. » — Les incidents d’hier m’avertissaient de me tenir prête, plus lot ou plus tard, aux chocs les plus rudes. La présente journée dure encore, et a déjà vu se produire ce qui pouvait arriver de pis.

Les calculs les plus exacts que j’eusse pu faire avec Laura nous amenaient à penser qu’Anne Catherick avait dû arriver à la hutte du lac, hier dans l’après-nnidi, vers deux heures et demie. En conséquence, nous convînmes que Laura ferait une simple apparition aujourd’hui à la table du lunch, et qu’elle saisirait la première occasion pour se glisser hors du château; j’y resterais après elle pour sauvegarder les apparences, et je la suivrais aussitôt que je pourrais m’échapper avec quelque sécurité. Si quelque obstacle imprévu ne venait pas se jeter à la traverse, l’adoption de cette marche la mettrait à même de se rendre, avant deux heures et demie, au vieil embarcadère ; et, quittant la table à mon tour, je me trouverais, avant trois heures, embusquée en lieu sûr, vers la limite des plantations.

Le changement de temps que la brise de la nuit dernière nous avait fait prévoir se manifesta dès le matin. Il pleuvait à verse quand je me levai, et la pluie continua jusqu’à midi ; les nuages alors se dispersèrent ; le ciel reprit son azur, et le soleil, brillant de nouveau, nous apporta la promesse d’une belle après-midi. Le désir que j’avais de savoir au juste comment sir Percival et le comte emploieraient le commencement de cette journée, ne se trouva guère apaisé en ce qui concernait le premier des deux, quand je l’eus vu nous quitter immédiatement après le déjeuner, et sortir seul malgré la pluie. Il ne nous dit ni où il allait ni à quelle heure il serait de retour. Nous le vîmes passer rapidement sous