Page:Collins - La Femme en blanc.djvu/441

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jetai derrière moi, me montra tout à coup, inondé de lumière, le cabinet de toilette du comte. Mon courage, près de s’éteindre, se ranima subitement en moi, et me permit de tenir mes yeux arrêtés sur cette fenêtre éclairée, tandis que, furtivement, pas à pas, je me glissais le long des murs du château.

L’horloge sonnait une heure et quart, au moment où mes mains se posèrent sur l’appui de ma fenêtre. Je n’avais rien vu, rien entendu qui me donnât à supposer que ma retraite m’eût trahie.




X


. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

« 20 juin , » huit heures. — Le soleil brille dans un ciel transparent. Je n’ai pas approché de mon lit, — je n’ai pas, une seule fois, laissé se fermer mes yeux vigilants et fatigués. De cette même fenêtre, à laquelle je m’étais placée pour sonder les ténèbres de la nuit dernière, je surveille encore maintenant la brillante sérénité du matin.

Je compte, d’après mes sensations particulières, les heures qui se sont écoulées depuis que j’ai pu chercher abri dans cette chambre, — et je les compte pour autant de semaines.

Il s’est écoulé peu de temps, — et ce temps « m’a » semblé bien long, — depuis que je me suis laissée tomber ici sur le parquet, dans une obscurité complète ; mouillée jusqu’à la peau, tous les membres pris, le froid dans les os, pauvre créature inutile, sans ressources, frappée de terreur.

Je sais à peine quand je parvins à me relever ; je sais à peine quand je retrouvai à tâtons le chemin de la chambre à coucher, quand je rallumai le flambeau, et cherchai (ne sachant d’abord, phénomène étrange, où je