Page:Coppée - Œuvres complètes, Poésies, t3, 1888.djvu/277

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Nous grelottons. J’allume une triste bougie.
Au bord du canapé, blême, sans énergie,
Gardant voile, fourrure et manchon, tu t’assieds.
Comme il fait froid ! Je pousse un coussin à tes pieds
Et j’y tombe à genoux, sans quitter ma pelisse.
C’est si drôle, que tu souris avec malice.
Voilà des amoureux qui ne sont pas fringants !
Nous nous prenons les mains, mais sans ôter nos gants,
Et nous partons d’un grand éclat de rire ensemble…
Oui ! mais je deviens fou, quand tu ris. Il me semble
Qu’il fait meilleur. Glissant mes mains sous ton manteau,
Je te serre en mes bras comme dans un étau.
Je me réchauffe là. Tant pis pour ta toilette !
Levant du bout du nez le bord de ta voilette,
Je te donne un baiser, et me sens ― que c’est doux ! ―
Au travers de ta jupe étreint par tes genoux.
Elle tiédit enfin, ta bouche jeune et pure ;
Mes lèvres vont chercher ton cou dans la fourrure ;
Contre mon cœur, ton cœur ému fait un sursaut ;
Tu pousses un soupir… Dis donc, comme il fait chaud !