Page:Cormon et Crémieux - Robinson Crusoé, 1867.djvu/21
La bibliothèque libre.
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
- SUZANNE.
Eh bien, écoutez !
RONDO.
-
-
-
- Tom était un danseur ingambe,
- J’eus tort de croire à son amour !
- Son cœur léger comme sa jambe
- Se met à sauter un beau jour.
- Il s’éprend d’une fade blonde
- Et s’en vient danser une ronde
- Avec elle, devant mes yeux !…
-
- Il manque un entrechat… et le voilà boiteux !
-
- Enfant, m’avait dit la vieille,
- Sur votre petit cœur veille
- Un esprit des plus malins.
- Vos amoureux infidèles
- Et vos fiancés rebelles
- Auront de bien fâcheux destins !…
- Tomy, lui, n’aimait que la chasse,
- Lièvre, lapin, perdrix, bécasse,
- Sous ses coups tombaient à la fois…
- Monsieur n’était heureux qu’au bois.
- Quand vient le matin de la noce
- Il me fait monter en carrosse
- Et s’en va courir un chevreuil !
-
- Sa carabine éclate !… il reste avec un œil !
-
- Quant à sir Thomas, le troisième,
- Son avarice était extrême,
- Il eût vendu pour un schelling
- L’âme et la peau de son voisin.
- Sa promise n’étant que sage
- Une veuve à gros héritage
- Lui parut un meilleur parti !…
-
- Je ne vous dirai pas ce qu’il est aujourd’hui
-
- Elle avait raison, la vieille,
- Elle parlait à merveille
- Car chacun d’eux fut puni.
- Partez donc, ne vous déplaise,
- Et choisissez à votre aise
- Entre Thomas, Tom et Tomy.
-
-
- TOBY, qui est devenu très-pensif.
Boiteux ?… borgne !… et…
- SUZANNE.
Choisissez !
- TOBY.
Merci bien.