Page:Corneille - Marty-Laveaux 1910 tome 1.djvu/306

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Ce qu’un homme jamais n’oseroit se promettre 143 ;
Ouvrez-la seulement.


PHILANDRE.


Ouvrez-la seulement._Va, tu n’es qu’un conteur.


CLITON.


Je veux mourir au cas qu’on me trouve menteur.


lettre supposée de mélite à philandre.

Malgré le devoir et la bienséance du sexe, celle-ci m’échappe en faveur de vos mérites, pour vous apprendre que c’est Mélite qui vous écrit, et qui vous aime. Si elle est assez heureuse pour recevoir de vous une réciproque affection, contentez-vous de cet entretien par lettres, jusques à ce quelle ait 144 ôté de l’esprit de sa mère quelques personnes qui n’y sont que trop bien pour son contentement.


ÉRASTE, feignant d’avoir lu la lettre par-dessus son épaule 145.


C’est donc la vérité que la belle Mélite
Fait du brave Philandre une louable élite,
Et qu’il obtient ainsi de sa seule vertu
Ce qu’Éraste et Tircis ont en vain débattu !
Vraiment dans un tel choix mon regret diminue ;
Outre qu’une froideur depuis peu survenue,
De tant de vœux perdus ayant su me lasser 146,
N’attendoit qu’un prétexte à m’en débarrasser.


PHILANDRE.


Me dis-tu que Tircis brûle pour cette belle ?


143. Var. Ce qu’un homme jamais ne s’oseroit promettre ;
Ouvrez-la seulement. phil. Tu n’es rien qu’un conteur. (1633-57)

144. Ainsi dans les éditions de 1633-48, de 1657 et de 1682 ; aye dans celles de 1652, de 1654 et de 1660-68. — Voyez plus haut, p. 109, note 1.

145. Var. Cependant que Philandre lit, Éraste s’approche par derrière, et feignant d’avoir lu par-dessus son épaule, il lui saisit la main encore pleine de la lettre toute déployée. (1633, en marge.) — Il feint d’avoir lu la lettre par-dessus l’épaule de Philandre. (1663, en marge.)

146. Var. Portoit nos deux esprits à s’entre-négliger,
Si bien que je cherchois par où m’en dégager. (1633-57)