Page:Corneille - Marty-Laveaux 1910 tome 1.djvu/328

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Ton pied mal affermi ne te soutient qu’à peine !
Quel accident nouveau te trouble ainsi les sens 221 ?


TIRCIS.


Puisque tu veux savoir le mal que je ressens,
Avant que d’assouvir l’inexorable envie
De mon sort rigoureux qui demande ma vie,
Je vais l’assassiner d’un fatal entretien,
Et te dire en deux mots mon malheur et le tien.
En nos chastes amours de tous deux on se moque 222 :
Philandre… Ah ! la douleur m’étouffe et me suffoque.
Adieu, ma sœur, adieu ; je ne puis plus parler 223 :
Lis, et si tu le peux, tâche à te consoler 224.


CLORIS.


Ne m’échappe donc pas.


TIRCIS.


Ne m’échappe donc pas._Ma sœur, je te supplie…


CLORIS.


Quoi ! que je t’abandonne à ta mélancolie ?
Voyons auparavant ce qui te fait mourir 225,
Et nous aviserons à te laisser courir.


TIRCIS.


Hélas ! quelle injustice !


CLORIS, après avoir lu les lettres qu’il lui a données 226.


Hélas ! quelle injustice !_Est-ce là tout, fantasque ?
Quoi ! si la déloyale enfin lève le masque,
Oses-tu te fâcher d’être désabusé ?
Apprends qu’il le faut être en amour plus rusé ;


221. Var. Quel accident nouveau te brouille ainsi les sens ? (1633-57)

222. Var. En nos chastes amours de nous deux on se moque. (1633-60)

223. Var. Adieu, ma sœur, adieu : je ne peux plus parler. (1663)

224. Var. Lis, puis, si tu le peux, tâche à te consoler. (1633-57)

225. Var. Non, non, quand j’aurai su ce qui te fait mourir,
Si bon me semble alors, je te lairrai courir. (1633-57)

226. Var. Elle lit les lettres que Tirsis lui avoit donnés. (1633, en marge. — Elle lit les lettres qu’il lui a données. (1663, en marge.)