Page:Corneille - Marty-Laveaux 1910 tome 2.djvu/42

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Ta curiosité deviendra bientôt flamme ;

C’est par là que l’amour se glisse dans une âme.

À la première vue, un objet qui nous plaît

N’inspire qu’un désir de savoir quel il est ;

On en veut aussitôt apprendre davantage,

Voir si son entretien répond à son visage,

S’il est civil ou rude, importun ou charmeur,

Eprouver son esprit, connaître son humeur:

De là cet examen se tourne en complaisance ;

On cherche si souvent le bien de sa présence,

Qu’on en fait habitude, et qu’au point d’en sortir

Quelque regret commence à se faire sentir:

On revient tout rêveur ; et notre âme blessée,

Sans prendre garde à rien, cajole sa pensée.

Ayant rêvé le jour, la nuit à tous propos

On sent je ne sais quoi qui trouble le repos ;

Un sommeil inquiet, sur de confus nuages,

Elève incessamment de flatteuses images,

Et sur leur vain rapport fait naître des souhaits

Que le réveil admire et ne dédit jamais ;

Tout le cœur court en hâte après de si doux guides ;

Et le moindre larcin que font ses vœux timides

Arrête le larron, et le met dans les fers.

Dorimant

Ainsi tu fus épris de celle que tu sers ?

Lysandre