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AUX HOMMES DU PASSE.

Prologue.





Hommes de l’empereur et de la cour des rois
Ou de la république, enfin gens d’autrefois,
Ne sentez-vous donc pas que depuis tant d’années
Que vous nous ballotez dans vos mains décharnées,
Quelque chose de pur, invisible à vos yeux,
Sur la terre de France est descendu des cieux ;
Et que ce jeune siècle, espérance du monde,
Sur vos fronts décrépits lève sa tête blonde,
Et regarde à l’entour s’il n’apercevra pas
Une main jeune aussi pour diriger ses pas ?
A vous voir, spectres blancs, vous disputer encore
Le droit de gouverner l’âge qui vient d’éclore,
On dirait trois mourans, les pieds dans le tombeau,
Se disputant à qui prendra soin d’un berceau.