Page:Dickens - Nicolas Nickleby, trad. La Bédollière, 1840.djvu/341

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immensément riche, s’introduisirent chez lui la nuit, et on le trouva assassiné dans son lit.

Peg Sliderskow accompagna Squeers à Botany-Bay, et ni l’un ni l’autre ne revinrent. Brooker mourut repentant. Sir Mulberry Hawk fit encore quelque figure en pays étranger, fut mis en prison pour dettes à son retour en Angleterre, et périt misérablement. C’est la fin ordinaire de ses pareils.

Nicolas racheta la maison de son père ; et comme sa famille s’accrut avec le temps, il agrandit la vieille demeure, mais sans changer la disposition des anciens appartements, sans déraciner aucun arbre, sans déranger rien de ce qui lui rappelait le passé.

À une portée de fusil de là était une retraite habitée par Catherine, son mari et ses enfants.

Madame Nickleby demeurait tantôt avec son fils et tantôt avec sa fille, parlait toujours de son expérience, et donnait avec dignité d’excellents conseils sur la tenue du ménage et l’éducation des enfants ; il se passa longtemps avant qu’elle traitât madame Linkinwater comme par le passé, et il est même douteux qu’elle lui eut jamais pardonné.

Il y avait un vieillard à cheveux gris, paisible et peu bruyant, qui occupait une petite maison située auprès de celle de Nicolas ; quand celui-ci était absent, le vieillard prenait la surintendance des affaires domestiques. Son principal plaisir était de jouer avec les enfants, et il semblait redevenir enfant lui-même pour les amuser. Ils ne pouvaient se passer de leur cher Newman Noggs.

Un vert gazon recouvrait la tombe de Smike, et les pieds qui foulaient l’herbe du cimetière étaient si petits et si légers, qu’ils courbaient à peine la tôle des pâquerettes. Au printemps et en été, des guirlandes de fleurs nouvelles, tressées par de faibles mains, étaient déposées sur la pierre ; et quand les enfants venaient les changer, de peur qu’elles ne se fanassent et ne cessassent de lui être agréables, leurs yeux se remplissaient de larmes, et ils parlaient à voix basse de leur pauvre cousin qui n’était plus.



FIN.



Limoges. — Imp. E. ARDANT et C°.