Page:Dumas - Le Comte de Monte-Cristo (1889) Tome 4.djvu/182

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XIV


LE PAIN ET LE SEL.


Madame de Morcerf entra sous la voûte de feuillage avec son compagnon : cette voûte était une allée de tilleuls qui conduisait à une serre.

— Il faisait trop chaud dans le salon, n’est-ce pas, monsieur le comte ? dit-elle.

— Oui, madame, et votre idée de faire ouvrir les portes et les persiennes est une excellente idée.

En achevant ces mots, le comte s’aperçut que la main de Mercédès tremblait.

— Mais vous, avec cette robe légère et sans autres préservatifs autour du cou que cette écharpe de gaze, vous aurez peut-être froid ? dit-il.

— Savez-vous où je vous mène ? dit la comtesse, sans répondre à la question de Monte-Cristo.

— Non, madame, répondit celui-ci ; mais, vous le voyez, je ne fais pas de résistance.

— À la serre, que vous voyez là, au bout de l’allée que nous suivons.

Le comte regarda Mercédès comme pour l’interroger, mais elle continua son chemin sans rien dire, et de son côté Monte-Cristo resta muet.

On arriva dans le bâtiment, tout garni de fruits magnifiques qui, dès le commencement de juillet, atteignaient leur maturité sous cette température toujours calculée pour remplacer la chaleur du soleil, si souvent absente chez nous.