Page:Dumas - Le Comte de Monte-Cristo (1889) Tome 4.djvu/73

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— Monsieur le comte est servi, dit-il.

Monte-Cristo offrit le bras à madame de Villefort.

— Monsieur de Villefort, dit-il, faites-vous le cavalier de madame la baronne Danglars, je vous prie.

Villefort obéit, et l’on passa dans la salle à manger.




VI


LE DÎNER.


Il était évident, qu’en passant dans la salle à manger, un même sentiment animait tous les convives. Ils se demandaient quelle bizarre influence les avait amenés tous dans cette maison, et cependant, tout étonnés et même tout inquiets que quelques-uns étaient de s’y trouver, ils n’eussent point voulu ne pas y être.

Et cependant des relations d’une date récente, la position excentrique et isolée, la fortune inconnue et presque fabuleuse du comte, faisaient un devoir aux hommes d’être circonspects, et aux femmes une loi de ne point entrer dans cette maison où il n’y avait point de femmes pour les recevoir ; et cependant hommes et femmes avaient passé les uns sur la circonspection, les autres sur la convenance ; et la curiosité, les pressant de son irrésistible aiguillon, l’avait emporté sur le tout.

Il n’y avait point jusqu’à Cavalcanti père et fils qui, l’un malgré sa roideur, l’autre malgré sa désinvolture, ne parussent préoccupés de se trouver réunis, chez cet homme dont ils ne pouvaient comprendre le but, à d’autres hommes qu’ils voyaient pour la première fois.

Madame Danglars avait fait un mouvement en voyant,