Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 1.djvu/209

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher

DE GUSTAVE FLAUBERT. 161 A avoueras comme moi que nous ‘n’avons pas de meilleurs souvenirs; c’est—a—dire de choses plus àntimes, plus profondes et plus tendres même, a force d’être élevées. J’ai revu Paris avec plaisir; fai regardé le boulevard, la rue de Rivoli, les trottoirs, comme si ie revenais voir tout cela après cent ans d’absence, et je ne sais pas pour- uoi fai respire a l’aise, en me sentant au milieu de tout ce bruit et de cette cohue humaine. Mais je n'ai personne avec moi, hélasl Du moment que nous nous quittons, nous abordons sur une _ terre étrangère ou l’on ne parle pas notre langue et ou nous ne parlons celle de personne. A peine débarqué iai passé mes bottes, suis montéven régie et ai commencé mes visites. L’escalier de la Monnaie m’a essoulllé, parce qu’il a cent marches de haut et aussi que je me rappelais le temps, I évanoui sans retour, ou ie le montais pour aller dîner. .]’ai embrassé M‘“° et Mm Darcet qui étaient en deuil, ie me suis assis dans un Fauteuil, j’ai causé une de1ni-heure et j’ai l`outu le camp. Par- » tout j'ai marché dans mon passé, je l’ai re1nonté I comme un torrent que_ l’on grimpe et dont l’onde — vous murmure le long des genoux. .l’ai été aux Champs-Elysées; j’y ai revu ces deux l`emmesU) avec qui autrefois je passais des apres-midi entiers. La malade était encore ai de1ni couchée dans un i Fauteuil. Elle mla reçu avec le même sourire et la même voix. Les meubles étaient toujours les _ mêmes et le tapis n’était pas plus usé. Par une allinité exquise, par un de ces accords harmo- _ nieux dont l’aperception appartient seulementa ( W Gertrude et Henriette Collier. I · I I

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils