Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 1.djvu/229

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher

DE GUSTAVE FLAUBERT. 18 1 Je ne te dirai rien des trois lacs de Côme, Majeur et Genève, ni du Simplon, parce que ce serait trop long, trop difficile, et surtout trop bête de vouloir faire plus que les nommer. Deux choses . qui m’0nt ému, c’est le nom de Byron gravé au . couteau sur le pilier de la prison de Chillon, et le salon et la chambre a coucher de ce vieux Mon- ` · A sieur de Voltaire a Ferney. J’ai vu aussi celle ou est né Victor Hugo a Besançon. I Je suis revenu enfin à Paris, ou j'ai retrouvé ce brave Alfred, avec lequel j'ai fumé quelques ` cigares sur l’asphalte. Mais nous n’avons pas (comme tu l’as sans doute présumé déja, dans ton odieuse immoralité), non, Monsieur! nous n’av0ns pas couru les filles ensemble. Ahl attrape! ni chacun de notre côté , ce qui est plus fort! Caroline et Hamard sont restés à Paris our choisir un logement et se meubler. lls vont habiter la capitale, comme disent les épicemares. Je reste donc seu! avec mon père et ma mère, a Croisset . l'été, dans ma chambre a Rouen l’hiver; dans ma chambre! Seulement, ai Croisset, j’ai mon canot et , le jardin, et puis je suis plus loin des Rouennais · - qui, quelque peu que je les fréquente, me pèsent aux épaules d’une façon dont les compatriotes sont seuls capables. Je vais donc me remettre, comme par le passé, a lire, a écrire, a révasser, a fumer. Si ma vie est douce, elle n’est pas fertile en facéties. D'ici à quelques années cependant je n’en désire pas d'autre. J ai méme envie d'acheter un bel ours (en peinture), de le faire encadrer et suspendre dans ma chambre, apres avoir écrit au- ' dessous : Portrait de Gustave Flaubert, pour indiquer — mes dispositions morales etmon humeur sociale. .

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils