Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 1.djvu/349

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DE GUSTAVE FLAUBERT. H goi 137. À LA MÉME. ` ` _ Entièrement inédite, I Samedi soir. [12 septembre 184.6.] Tu as été malade, pauvre ange; nous en som- 1 . mes peut-être la cause à nous deux. Nous nous serions fait mourir [si nous eussions eu le temps. Ten avais ljenvie. Etions-nous heureux! Etions- » nous fous et jeunes`! Je n’en reviens pas, j’en ai le cœur encore charmé. Qu’il y en a peu dans la vie i de ces journées-là! Tu le sens toi-même quand tu me dis, encore ce matin, que jegarderai toujours pour toi une affection véritable. L1 penses donc ai _ ton tour que l’amour, comme tous`les morceaux ` de musique qui se chantent en nous, symphonie, chansonnettes ou romances, a son andante, son scherzo et son final. Tu as donc aussi, sonde l’al‘>îme et tu en as vu le fond ou tu croyais qu’il n’y en avait pas. Sais-tu que c’est intelligent et bon, cela, la prévision future d’un autre senti- yment aussi solide que le nôtre, quand celui-la` finira, s’il finit? · · _ Oui, depuis mercredi, je t’aime d’une autre · i 'façon; il IDC semble que nous sommes plus liés, plus intimes, que moins de choses extérieures _· peuvent influer sur notre union; que, quand même nous serions longtemps sans nous voir, cela une ferait rien et qu’enfin (en est-il de même pour ` toi ?)A, que notre amour est devenu plus sérieux, tout en en erdant l’apparence. Veux-tu en savoir S la cause ? ëest que nous·avons été vrais surtout; · c’est que nous nous so1n1nes laissés aller ai la na-

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