Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 1.djvu/399

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DE GUSTAVE FLAUBERT. · 351 proches, je m’occupe de toi, de nous. lai fait '_ cette semaine quelques démarches pour hâter la commission et pouvoir aller te rejoindre le plus tôt possible. Ce n’était peut-être pas très conve- ` nable de ma part; mais n'importe. ll me semblait entendre ta voix derrière moi me crier dans l’oreille avec ta pétulance enfantine : «Mais va donc! va donc! dépêche-toi!» Tu veux que je te donne quelque chose qui m'aplpartienne depuis longtemps et dont je me sers abituellement. J? ai réfléchi. Je t’apporterai mon presse-Ipapier et eux petites salières en émail dans esque les je mets de la poudre et des pains à cacheter. ça a le mérite d’avoir passé de longs jours sur ma table. Ces objets ont été les témoins muets de bien des heures solitaires de ma vie; qu’ils [le] soient pour toi maintenant, quand tu — écriras! qu'ils te rappellent ton amil _ Sais-tu que, si je-voulais faire l’homme incom- . pris, j’aurais beau jeu? Dans ton petit mot d'avant— hier, tu me dis que tu es sûre que je ne t'ai jamais · aimée, tandis que ton cœur t’aflirme le contraire. _ A quoi bon ce mensonge que tu te fais à toi- même? Est-ce que quand tu me regardes tu ne vois pas que je t’aime, dis? Ose nier le contraire! Voyons, souris, embrasse-moi; ne m’en veux lplus de te parler de Shakespeare au lieu de moi. l me A semble que c’est plus intéressant, voila tout. Et de quoi parlerait—on, encore une Fois, si ce n'est de ce qui est la préoccupation exclusive de votre ·esprit?.Pour moi, je ne sais pas comment font pour vivre les gens qui ne sont pas du matin au soir dans un état esthétique. J ai goûté plus qu’un autre les plaisirs de la f`amil’le,autant qu’un

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