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IO CORRESPONDANCE ` moi, qu’il y a at cela mille impossibilités. Quand partirai-je? Quand mettrai—je la clef` sous la porte, un beau matin, en me murmurant à moi-même : « Bon voyage, Monsieur Dumollet.» J e n’ose même pas souhaiter cela, puisque ce désir ne peut . s’accomplir que dans la réalisation du plus grand malheur qui puisse m'advenir. Tu n’auras pas l’insigne avantage de voir le drôle qui répond au nom de Maxime Du Camp. ' Le 1°’ mai, nous partons tous les deux pour une pauvre petite excursion en Bretagnem, a pied, le sac sur e dos. Ma mere nous rejoindra en route. p Fasse le ciel que ce ne soit pas autrechose qu’un proietl J e suis si habitué at voir tout me rater- dans es maxns que je ne compte sur rien. . Voila ce pauvre bougre de d'Arcet [sic] qui a crevé au Brésil comme un mousquet, au moment ou il touchait à la Fortune, ou il lavait enfin apres vingt ans de chasse; il meurt tout d’un coup dans son lit par l’explosion d’une lampe as gaz. Le même paquebot qui a apporté la nouvelle de sa mort · apportait deux lettres joyeuses de lui at sa mere et à sa sœur. Comme tout se dégarnit, comme tout s’en va, quel dégel continu que la vie! Joies, pa- _ rents, amis, tout meurt, part, file : bonsoir, au revoir, oui, et on ne se revoit plus. i Il n’y a que moi qui resté, qui ne change pas de lieu, qui ne change pas d'existence ni de rang. Si tu ne revenais ici que dans dix ans, et fen- tends marié, décoré, considéré, procureur du roi et stupide, tu me retrouverais sans doute a ma table, dans la même posture, penché sur les (1) Voyage décrit dans Par les Champs et par les Grèves.