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zz · CORRESPONDANCE ' · a t'en tenir rancune, jamais, jamais, non, jamais . contre toi le moindre sentiment mechant! Ce se¥ , rait infâme, pauvre cœur. Ce qui m’en a profondément attristé, humilié, si tu veux, navré est plutôt le mot, c’est que j’ ai vu plus que jamais l’incompatibilité native al nos humeurs. Ce ne sont pas les ârands malheurs · qui font le malheur, ni les gran s bonheurs qui font le bonheur, mais c'est le tissu fin et imperce - tible de mille circonstances banales, de mille dié- tails ternes ui composent toute une vie de calme radieux ou (dagitation infernale. Cn n'a que faire journellement des grandes vertus ni des beaux dévouements; le caractère est tout. Le tien est ir- ritable par bonds et par soubresauts. Tu as le cœur trop tendre et la tête trop dure. · Tu me demandes par quoi j’ai passé pour en être arrivé où je suis. Tu ne [lej sauras pas,ni toi ni les autres, parce que c'est indisable. La main que j’ai brûlée, et dont la peau est plissée comme celle d'une momie, est lus insensible que l’autre au _ froid et au chaud. lîllon âme est de même ; elle a passé par le au : uelle merveille qu’elle ne se ré- ' chauffe pas au sdleil? Considere cela chez moi comme une infirmité, comme une maladie hon~ I teuse de l’intérieur, que j’ai gagnée pour avoir fré- quenté des chosesmalsaines; mais ne t'en désole pas, car; il n'_y a rien ai traire. Ne me. plains pas, car ce n en vaut pas la peine. Ne t’1nd1gne pas, ce serait inintelligent. Tu veux savoir si ton image revient souvent - ai ma pensée. Oui, elle y revient souvent; mais quelle rmagel attristée, pleurante, désolée, comme une apparition qui me poursuit de sa tristesse.