Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/449

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‘ DE GUSTAVE FLAUBERT. 44; Je vise à mieux, à me plaire. Le succès me _ paraît être un resultat et non pasile but. Or i'y marche, vers ce but, et depuis longtemps il me semble, sans broncher d'une semelle, ni m'arrêter au bord de la route pour faire la cour aux dames, ou dormir sur l’herbette. Fantôme pour fantôme, apres tout, j’aime mieux celui qui a la stature plus haute. A Perissent les Etats-Unis plutôt qu’un principel s Que je crève comme un chien, plutôt que de hâter d’une seconde ma phrase qui n'est pas mûre. ` . ,l’ai en tête une maniere d’ecrire et gentillesse de langage a quoi je veux atteindre. Quand le croirai avoir cueilli l'abricot, je ne reFuse pas de - le vendre, ni qu’on batte des mains s’il est bon. D’ici la, je ne veux pas flouer le public. Voila tout. Que si, dans ce temps-la, il n'est plus temps et _ que la soili en soit passée ai tout le monde, tant pis. Je me souhaite, sois—en sûr, beaucoup plus de facilité, beaucoup moins de travail et plus de pro- ` fits. Mais je n' vois aucun remède. ll se peut gaire qu’il y ait des occasions pro- pices en matiere commerciale, des veines d’achat pour telle ou telle denrée, un goût passager des chalands qui fasse hausser le caoutchouc ou ren- chérir les indiennes. Que ceux qui souhaitent de- venir Fabricants de ces choses se depêchent donc d’etablir leurs usines, je le comprends. Mais si votre œuvre d’art est bonne, si elle est vraie, elle _ aura son echo, sa place, dans six mois, six ans, ·ou après vous. Qu’importel ` Cest là qu’est le soufe de vie, me dis-tu, en

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