Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 4.djvu/20
· 1.4 CORRESPONDANCE ` s’est complètement trompée en croyant mîaper- cevoir sur le Carrousel. Probablement que 'e lui remplis Yimagination. Cela me llatte, mais elle en a menti par la gorge (manière proverbiale de par-· ler car la susdite en a peu, de gorge). Si j'avais fait une telle escapade, tu en eusses été avertie et par moi. En doutes—tu? le m’attendais à avoir hier quelques détails, soit ` dans ta lettre ou dans celle de Bouilhet, sur cette · actrice qui s’est monté la tête à l’endroit de notre ami. Mais rien! .l’en délire; cela m’excite. ll paraît que Monsieur le Secrétaire ïperpétuel a été bien bon, mercredi, chez toi, umant les blanches épaules et renillant le f`umet des aisselles. Je - m’imagine le tableau! Et cette pauvre petite Ché- ron, cette âme si pure, ce nez— si grand, rêvait sans doute a son insensible poete qui aime ailleurs Combien y en a—t-il de ces infortunées qui portent ainsi écrit sur leur front ce que l’on voit ` gravé en majuscules sur les portes : Tournez le bouton, s. v. .l '_ ‘ Quant à Èelisle, puisque le bossu lui a fait Cle belles promesses qu’il n’a nullement tenues, je- comprends sa répugnance a le revoir. II est mal- heureux ce pauvre Delisle! Il faut pardonner beaucoup à l'orgueil souffrant, et ce garçon m’en - C a l’air rongé. C’est pour cela qu’il me plaît, mais je lui retire ma sympathie s’il est envieux comme ~ tu le crois (et tu as peut—être raison; Leconte a passé par la démocratie active, or c’est un sale passage!). _ Tu t’es un peu `révoltée contre moi, il y a quel-- · ques mois , quand je t'ai dit qu'il Faudrait à ce jeune