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DE GUsTAvE. FLAUBERT. 151 , 1126. A Guonce sAND. · [Croisset] Mercredi [milieu cle septembre 1870]. Je ne .suis plus triste. .l’ai repris hier mon Saint Antoine. Tant pis, il faut s’y faire! ll faut s’habituer à ce qui est l’état naturel de l’homme, c’est-à-dire au mal. · Les Grecs du temps de Pericles faisaient de I’Art sans savoir s’ils auraient de quoi manger le lendemain, Soyons Grecs! Je vous avouerai, cependant, chère maître, que ie me sens plutôt sauvage. Le sang de mes aïeux, les Natchez ou les Hurons, bouillonne dans mes veines de lettre, et j’ai sérieusement, bêtement, animalement envie de me battre. Expliquez-moi ça! L'idée de faire la paix main- tenant m’exaspère, et faimerais mieux qu’on ` incencliât Paris (comme ,Moscou) que d’y voir entrer les Prussiens. Mais nous n'en sommes pas là; je crois que le vent tourne. .l’ai lu quelques lettres de soldats, qui sont des modèles. On n’avale pas un pays ou l’on ecrit des choses pareilles. La France est une rosse qui a du fond et qui se révélera. · Quoi qu'il advienne, un autre monde va com- ‘ mencer, et je me sens bien vieux pour me plier à des mœurs nouvelles. Ah! comme vous me manquez, comme j’ai envie de vous voir! i · Nous sommes décidés ici à marcher tous sur Paris si les compatriotes d’Hégel en Font le siège. Tâchez de monter le bourrichon à vos Berrichons.