Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 6.djvu/159

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DE GUSTAVE FLAUBERT. _ 153 devenir fou. Ce qui me ronge, c’est I’oisiveté, et les doléances! et Ies bavardages! Mais pour Ie moment, je suis remonté. Ta grand’mère va bien. Nous avons eu, aujour- d’hui, la visite de Mm Brainne et de Mme Lapierre; dimanche dernier, celle de Raoul-Duval avec Mm Perrot (Ia mère de Janvier), Mm Lepic (sa fille), et la femme d’un colonel, Mm de Gantès. Celle-là était dans un joli état! Ellea parcouru le champ de bataille de Sedan, pour découvrir son mari parmi Ies cadavres; elle ne l’a pas trouvé. Je crois qu'eIle mangerait Badinguet et de Failly avec délices! . L Lundi, j’ai été déjeuner a Hautot, chez le phi- Iosophe Bataille! Quel heureux tempérament d’homme! Ta seconde lettre (celle d’aujourd’hui) est moins triste que la premiere; mais j’ai peur que tu ne t'ennuies beaucoup à Londresm, dont le climat, d'ailleurs, n'est pas sain. J ’y ai toujours e été malade. C’est une ville qui me fait peur: et puis, je doute que la nourriture te soit bonne : pas de pot-auful ni mille petites choses auxquelles nous sommes habitués. Les bonnes dames chez - lesquelles tu manges n’ont pas ton ordinaire, mon bibi. Enfin, je tremble que tu ne tombes malade à Londres. Je crois que tu ferais mieux, dans · quelques jours, d’aller habiter Brighton; tu louerais un petit appartement, et Marguerite te ferait la cuisine. ll est peu probable que les Prussiens viennent à Dieppe. On ne croit même pas qu'ils viennent à Rouen : c’est trop loin de (1) Mme Commanville s’était réfugiée à Londres, dans la famille de son ancienne institutrice, Mm Farnier, avec sa femme de chambre Marguerite. 3

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