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DE GUsTAvE FLAUBERT. 163 envoyé un homme ni un fusil) nous a replongés dans l’ abattement. _ Z Cest le cœur qui nous manque, pas autre chose, car si tout le monde s’entendait, nous pour— rions encore avoir le dessus! Pour nous sauver, je ne vois plus maintenant qu’un miracle; mais le tem s des miracles est passé. 'lPu me parais bien raisonnable et bien stoïque, ma chère fille. L'es-tu vraiment, autant que tu le dis? Quant à moi, ie me sens brisé, car ie vois nettement l'abîme. Quoi qulil advienne, le monde auquel fappartenais a vécu. Les Latins sont finis! maintenant clest au tour des Saxons, quiseront dévorés par les Slaves. Ainsi de suite. . Nous aurons pour consolation, avant cinq ou six ans, de voir l’Europe en feu; elle sera à nos genoux, nous priant_de nous unir avec elle contre la Prusse. La première puissance qui va se repen— tir de son égoïsme, c'est l’Angleterre. Son influence en Orient est perdue; Alexandre ne fera qu’un bouchée de Constantinople, et cela, prochainement. Depuis hier, tous les Nogentais et ta grand’ mère sont chez toi, à Rouen, pensant être plus en _ sûreté qu’à Croisset, car ils y seront plus entourés; mais ta granCl’mère se propose de revenir très prochainement à Croisset et de les laisser se débrouiller à Rouen comme ils l’entendront. .l’ai écrit a ton mari de venir samedi soir dîner et coucher à Croisset, afin que nous puissions causer un peu tranquillement. _ Tu n’as pas l’air enchantée de la famille Farmer. ` Elle est trop bourgeoise .,,, Mais je croisé qu’Ernest te rappellera bientôt.