Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 6.djvu/189

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 183 . furieuses, les choseschangeraient peut-être; mais ie n°ose plus espérer. Adieu, ma pauvre lille. Quand nous reverrons- nous'? Comme je m’ennuie de toi! 114:1. A 0EoR0E sAND. [Croissct.] Dimanche soir [30 octobre 1870]. J e vis encore, chère maître, mais je n’en vaux guère mieux, tant je suis triste! Si je ne vous ai pas écrit plus tot, c’estque i’attendais de vos nou- velles. J e ne savais pas où vous étiez. Voilà six semaines que nous attendons de jour en jour la visite des Prussiens. On tend l’oreille, _ croyant entendre au loin le bruit du canon. lls entourent la Seine-Inférieure dans un rayon de quatorze à vingt lieues. lls sont même plus pres, puisqu’ils occupent le Vexin, qu’ils ont complete- _ ment dévasté. Quelles horreurs! C'est à rougir d’être homme. . · Si nous avons un succès sur la Loire, leur apparition sera retardée. Mais l'aurons—nous? Quand il me vient de l'espoir, je tâche de le repousser, et cependant, au fond de moi-même, en dépit de tout, je ne peux me défendre d'en ` garder un peu, un tout petit peu. J e ne crois pas qu’il y ait en France un homme - plus triste que moi. (Tout dépend de la sensibi- lité des gens.) J e meurs de chagrin, voila le vrai, et les consolations m'irritent. Ce qui me navre, c’est : 1° la férocité des hommes; 2° la conviction

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